Fiche Action - Archive 2006-2007

(2006-2007) Développer la conscience citoyenne d'une appartenance commune au bassin méditerranéen
- Résumé
Au delà de la politique de voisinage de l'Union Européenne à l'égard des pays riverains du Sud de la Méditerranée, il faut retrouver et manifester la profonde unité du bassin méditerranéen, favoriser le dialogue entre les civilisations, surmonter les craintes mutuelles, contribuer à l'émergence d'une conscience méditerranéenne. La fondation appuie le développement de liens transfrontaliers entre les organisations de la société civile du Nord et du Sud et nourrit les réflexions sur des politiques d'intérêt commun.
- Synthèse
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Synthèse de l'action
Partenaire important de la fondation depuis 1994, le CERAI (Centro de estudios rurales y de agricultura internacional, Espagne) bénéficie d'une grande expérience de travail dans de nombreux pays du Bassin méditerranéen et d'une légitimité croissante du fait de ses liens avec la société civile. L'action menée vise à renforcer la diversité et la cohérence de l'engagement du CERAI dans cette région tout en enrichissant le capital social de la fondation. Pour le CERAI, comme pour la fondation, soucieuse d'aider au développement des pays du Sud de la Méditerranée, de dissiper les malentendus culturels et les craintes mutuelles, il s'agit de contribuer à l'émergence d'une conscience régionale méditerranéenne et de favoriser le dialogue des civilisations. En développant des liens avec un plus grand nombre de milieux socio-professionnels, en participant à une réflexion sur la gouvernance locale, la réforme de l'Etat et l'éthique des responsabilités, en contribuant à la préparation du Forum social Maghrébin (2006-2007) après l'expérience d'appui méthodologique au Forum social Méditerranéen de juin 2005, en collectant des expériences propres au monde méditerranéen et en bénéficiant de celles en provenance du reste du monde, le CERAI participera à cette nécessaire médiation entre l'espace méditerranéen et les autres régions du monde. Dans cet objectif, le CERAI pourra s'appuyer sur les méthodes développées avec la FPH et l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, sur les différents sites web ressources que son travail viendra alimenter et sur les différentes alliances citoyennes qui se mettent en place.
Inscription de l'action dans la stratégie d'ensemble de la FPH
La FPH, convaincue que seul un dialogue entre toutes les régions du monde et tous les milieux permettrait de faire émerger une volonté collective et des perspectives communes, a, dans le cadre de l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, organisé en 2001 le prototype d'un tel dialogue avec la tenue de la première Assemblée Mondiale de Citoyens. Un des principaux résultats de cette Assemblée c'est un agenda commun qui énonce les axes stratégiques qui vont guider notre action des prochaines années, à savoir : a - modèles de développement : les modes de vie, la manière de produire, de consommer, d'échanger;
b - la gouvernance : l'art d'organiser et de gérer les sociétés, d'assurer la cohésion sociale, la justice, la paix, la diversité, l'épanouissement de chacun, la préservation des ressources, la préparation de l'avenir ;
c - l'éthique : la construction d'une société mondiale viable suppose de se mettre d'accord sur des principes éthiques communs ; les formidables différences de contexte et de tradition religieuse et philosophique ne peuvent justifier de différer cette recherche de critères éthiques communs pour gérer une planète commune.
Il s'agit ici de concrétiser toutes ses idées dans dans la région méditerranéenne à travers un travail permanent qui permettra d'aider à développer la conscience citoyenne d'une appartenance commune à un ensemble méditerranéen.
Historique de l'action
Le Cerai a trois axes géographiques prioritaires de travail dans le monde : la méditerranée, l'Amérique latine et l'Europe. La FPH et le Cerai ont signé une première convention en 2004-2005, centrée sur la Méditerranée dont les résultats sont évalués positivement par les deux parties. Le Cerai a constitué un premier annuaire d'organisations sociales de toute la région méditerranée comptant plus de 600 organisations. Il a mis en place un réseau méditerranéen sur la sécheresse et la désertification et a produit un dossier sur la problématique de l'eau en Palestine. Avec d'autres organisations le Cerai a constitué l'association AGTER (gouvernance des ressources naturelles). En ce qui concerne "l'appui méthodologique au Forum Social Méditerranéen", le Cerai a participé aux 6 conférences internationales préparatoires. Il a produit une série de fiches d'expériences (30) ainsi qu'une analyse cartographique des priorités de la souveraineté alimentaire dans le cadre de l'atelier qu'il a organisé au FSMed en juin 2005. Enfin, le Cerai a produit un DVD "souveraineté alimentaire : un autre monde" sur les conférences et les ateliers développés dans le FSMed. En 2005 Le Cerai a publié deux livres: un sur l'échange commercial entre le Maroc et l'Union européenne et un autre sur "les fruits amers du sous-développement". Le Cerai a placé la "Charte des responsabilités humaines" sur la page d'accueil de son site web < www.cerai.es> dans toutes les langues de la Méditerranée. Le Cerai développe des projets en collaboration avec des organisations de Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Palestine, Jordanie et Albanie. C'est ce dynamisme qui nous incite à poursuivre notre appui.
- Présentation
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L'objectif de l'action est de contribuer à l'émergence d'une conscience régionale méditerranéenne, de développer pour cela les liens avec une grande diversité de milieux sociaux et professionnels, de stimuler l'élaboration de politiques publiques dans le bassin méditerranéen, de contribuer à l'émergence d'une société civile à l'échelle de la sous-région, de faire bénéficier les acteurs de cette sous-région des relations développées avec la FPH et l'Alliance dans le reste du monde.
La région Méditerranée a une évidente réalité historique et écologique. Mais cette unité ancienne a été sensiblement perdue de vue au cours des derniers siècles, avec une Europe tournée vers l'Atlantique, et au cours des dernières décennies, avec la construction de l'Union européenne au Nord de la Méditerranée. L'éclatement des liens constitués, pour le meilleur et pour le pire, par la colonisation n'a pas été compensée par la recherche, jusqu'à présent peu courronnée de succès, d'un hypothétique ensemble arabe au Sud de la Méditerranée. Le développement des flux migratoires Sud-Nord a eu des effets paradoxaux : il créé des liens humains très intenses entre les deux rives; il suscite, au Nord de la Méditerranée, une crainte de plus en plus grande de ces flux et des tensions entre les mondes de traditions chrétienne et musulmane.
Les conflits persistants entre la Palestine et Israël, entre le Maroc et l'Algérie, à l'intérieur de l'Egypte, de la Turquie, de Chypre, des Balkans, montrent le chemin à parcourir vers la conscience d'une identité méditerranéenne.
L'enjeu d'une approche méditerranéenne, dans ces conditions est double : désenclaver les pays du sud de la méditerranée, largement enfermés dans leurs frontières nationales; dépasser les craintes mutuelles pour redonner un sens humain et économique à cet ensemble historique méditerranéen.
C'est une des vocations principales du CERAI. Il est bien placé pour l'assumer, à la fois parce qu'il n'appartient pas, ou de façon seulement marginale, à un pays anciennement colonisateur dans la région, ensuite parce que l'Espagne est à mi-chemin entre le Nord et le Sud de la Méditerranée, enfin parce qu'il a noué d'ores et déjà des relations de coopération avec certains milieux des pays du Sud de la Méditerranée, tout en participant pleinement aux réflexions de l'Union européenne, relatives notamment à l'avenir du monde rural.
Le relatif échec du Sommet Euro-méditerranéen de novembre 2005 à Barcelone montre les difficultés du dialogue intergouvernemental entre les deux rives de la Méditerranée et exige d'approfondir le dialogue entre les sociétés civiles des pays concernés.
En réalité la Méditerranée est un microcosme, un modèle réduit des conflits culturels, économiques, sociaux et politiques qui se retrouvent partout dans le monde.
Plus précisémment, l'action concernera :
1. La continuité de la construction pour compte commun (Cerai et FPH) d'un capital social diversifié dans les pays de la sous-région en identifiant dans les différents milieux les acteurs porteurs d'innovation et en invitant ces acteurs, chaque fois que possible, à s'associer à la construction d'alliances citoyennes.
2. La construction d'échanges régionaux approfondis sur la gouvernance des ressources naturelles, en particulier à travers des "études-pays" (Espagne, Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie) réalisées par le Cerai avec la collaboration de l'Université Polytechnique de Valencia et le département de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation du gouvernement de Valencia. Cette construction se fera dans les deux sens, en réalisant avec les partenaires des fiches d'expériences de la gouvernance des ressources naturelles dans cette sous-région et en venant nourrir la réflexion régionale de l'expérience et des principes de gouvernance des ressources naturelles réunies dans le cadre du site web ressource de l'association AGTER.
3. L'appui à la création d'un tissu social citoyen disposant d'une capacité d'influence sociale au Maghreb, notamment à l'occasion du processus du Forum Social Maghrébin. Le CERAI, en s'inspirant éventuellement des méthodes développées pour l'Assemblée mondiale de citoyens, cherchera à stimuler au sein de ce même Forum Social l'idée de construire un agenda régional.
4. La mise en débat de la Charte des responsabilités humaines dans cette région du monde, du moins auprès des milieux qui s'avéreraient réceptifs.
5. L'apport des réflexions réunies par le CERAI, la FPH et l'Alliance dans le domaine de la gouvernance, en particulier dans celui de la gouvernance locale, de la réforme de l'Etat et de l'intégration régionale et construction européenne.




